La dernière fois ou j’ai été ambassadrice de marque

 

Dans la collection de jobs cocasses que j’ai eue, il y’a celle d’ambassadrice de marque.

Pour ceux qui se demande de « kossé que ça mange en hiver ça? ». Être ambassadrice de marque c’est prêter son image et son charisme à un produit. Vous êtes aux premières lignes pour donner de l’information sur un produit et recevoir le feedback du client.

Vous vous êtes sûrement déjà fait donner un échantillon d’une nouvelle sorte de gomme blanchissante à saveur de pina colada par une jolie fille déguisée en fée des dents ? En gros, c’est ça la job. Porter un costume ridicule, donner des kossins en échange d’une adresse de courriel. Ta fonction principale c’est d’être dans un endroit fortement achalandé ou tu n’as pas toujours le droit de donner des flyers et d’aborder les gens, qui sont généralement pressé. Ah et on va se le dire, c’est pas toujours des produits intéressants et faciles à vendre. « Café gratuit! » Ça marche au bout! Jusqu’à ce que tu leur dises qu’ils doivent donner leur courriel, répondre à 128 questions et signer avec leur sang pour que Belzébuth leur envoie un enfer de courriels tout les 36 heures.

C’est le genre de job ou il y a énormément d’argent investit, pour l’équipe de créatifs, pour l’équipement (des écrans, des affichettes, des tablettes pour collecter les précieux courriels), y font aussi du team building, dans le seul et unique but que tu aies une image positive du produit!…pis te pousser à faire plus de vente pour espérer gagner un shopping spree ou une carte cadeau…

Toi, au bout de la ligne, t’as un salaire bien correcte pour les heures sur le terrain et les heures à apprendre par cœur de l’info sur le produit. C’est pour ça que tu fais cette job là, la liberté d’horaire et le salaire. Les quelques heures par semaines que tu fais te permettent de focusser sur d’autres projets.

Comme prérequis pour avoir là job…. Un beau sourire, soupçons de charisme et faut que tu puisses rentrer dans la robe. C’est moi ou les compagnies qui font les uniformes, (petites robes moulantes avec un logo brodé… )ne font pas des larges? C’est peut être pour ça que bien souvent tu te ramasses à travailler avec des filles qui ont…. qui ont l’air d’avoir débouler les marches une de fois de trop.

Quand tu dois travailler dans des lieux, ou y’a personne qui passes, à devoir repartir chez toi avec 2 caisses d’échantillons de marde (au sens figuré) que ton boss veut pas retourner à la compagnie pour pas leur dire que ça juste pas marché une promo dans un Zellers de côte-des-neiges….

C’est là que tu te dis: « C’est superficiel et borderline presque contre mes valeurs mais bon…. C’est pas comme travailler dans un bar, ou montrer mes tetons faque j’vais le faire .»

Petit fait cocasse, il faut toujours prendre des photos de ton kiosque et de clients heureux pour prouver à ton superviseur que tu es bien aller faire ta job.

Je me rappelle d’un couple au quartier latin qui avait gagné une carte cadeau de cinéma de 100$, je leur ai demandé de sourire et ils m’ont répondu qu’ils venaient de voir Polytechnique et qu’ils n’en avaient tout simplement pas envie…. J’ai pas insité et j’ai réfléchi à l’insignifiance de ce que je faisais. Dans le temps de la saint-valent, donner des pots de chocolat avec un pinceau et parler de l’homme en chocolat, emblème d’un déodorant myogine bien connu.

Le dernier été ou j’ai été ambassadrice de marque, j’ai eu un gros contrat ou je faisais la tournée des les dépanneurs de Québec. J’arrivais avec une table haute et un sceau à glace. Mon mandat était de rehausser l’image d’un produit qui n’a pas connu le succès espéré. Une bière flatte au thé glacé. Mon arme principale pour faire mousser les ventes de ce houblon dégeulasse? Des osti de gougounes orange, one size fits all!

J’ai du user de tout mon pouvoir de persuasion pour désamorcer 70% des clients qui rentrait dans les dépanneurs en disant :

Client: « J’y ai déjà goûté pis c’est de la marde! »

Zoé: « C’est peut être qu’elle était pas assez froide »

Client« Elle était froide.»

Zoé: « Faut qu’elle soit vraiment très très  froide pour être vraiment bonne… Pis là ça fait 4 heures qu’elle est dans la glace »

Ça marchait bien… pendant la canicule.

Vous êtes vous déjà dis que les jokes du gars au dépanneur était poches? Imaginez  rester pendant 6 heures avec lui, sans pouvoir vous sauver, en gougoune pis en robe…dans un dépanneur ou y mettent le magazine Summum dans le frigo à bière. Vois-tu le genre de clientèle?

Un jour on m’a demandé de remplacer une fille sur une autre promo de la même compagnie. J’ai dis oui avant d’avoir les détails. J’ai dis oui pour être une pitoune de Coors Light sur une croisière. Je ne m’étais jamais sentie et encore moins considérée comme une pitoune. J’y suis allée et ça été mon dernier contrat d’ambassadrice de marque.

Quand j’ai vu les autres filles qui avaient plus de seins que moi et mes 3 soeur ensemble, je me suis vraiment demander ce que je faisais là.

Quand j’ai vu les filles se changer devant le représentant de Coors light qui faisait des jokes cochonnes…. Et devant la fenêtre du bateau qui donnait sur le quai là ou les passagers festifs attendaient pour monter à bord. Je me suis dit que je n’étais vraiment pas à ma place.

Quand je me suis contorsionnée dans une mini cabine de toilette de bateau je me suis posée des questions par rapport à ma pudeur.

Dans ma définition de tâches je devais :

-Être habiller en blanc parce que c’était une thématique graffiti et qu’un artiste de body painting allait nous peinturer. Je me suis senti comme un steak sur lequel on mets la saveur au goût du jour.

-Surveiller le line up pour le body painting, pour pas que ça se bataille. Thank god! C’était un party privé de l’université Concordia… pas des gens qui ont gagné des billets dans une caisse de 24 de Coors!!!!!

-Faire des photos sur un bleu screen avec un homme de glace et aider les gens à se placer.

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Ça c’est ce que je devais faire avec le fond bleue… C’est la partie avec laquelle j’ai été le plus à l’aise

-Et le moment où j’ai eu envie de pleurer, quand on m’a dit que je devais danser sur un cube à côté du DJ. Je crois que c’est le moment ou je me suis sentie le plus seule de toute ma vie. Quand le bateau passait en dessous du pont, et que je donnais des petits coup de pieds à des filles trop soules qui voulait grimper sur le cube « Empêche les de monter faudrait pas qu’elles tombent parce qu’elles sont trop saoules. » J’étais pas très loin de chez moi en terme de kilomètres mais en dedans de moi, coincée sur un bateau à danser sur du dubstep…. Ce fut l’une des demi heure les plus longues de ma vie.

Mais bon j’aime la vie et trouver des point positif à tout ce qui m’arrive, cette soirée là, j’ai appris que je pouvais très bien jouer les pitounes, j’ai appris à poser des questions sur un contrats avant d’accepter et maintenant je ne me gène pas pour dire non.

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Et ça c’est la preuve qu’on a fait notre job, c’est aussi le pourquoi je ne me sentais pas à ma place et peut-être la raison pourquoi je ne fais plus de promo. (je suis celle qui n’a pas de seins et qui fait une face de… comment je me sentais ce soir là)

 

 

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